La Tribu du feu Bleu : 2020

Réponses aux questions sur l'idéal

Bonjour à tous. Je crois pour ma part que nous avons tous un Petit Travail à accomplir. Nous avons tous nos talents respectifs, que nous pouvons mettre à profit pour construire un monde meilleur. Certains disposent d’une grande capacité à prendre la parole et à mener de grandes manifestations, certains agissent discrètement au quotidien auprès des plus démunis, des migrants… Mon Petit Travail à moi consiste à conter des récits pour permettre à l’autre que nous sommes d’éprouver des émotions, bien sûr,  mais aussi de faire de ces récits de petites graines plantées dans son jardin intérieur.  Je crois fort aux jachères, aux graines en dormance et aux possibles printemps riches de multiples promesses. Alors donc, cultivons nos innombrables talents. Amicalement.

Marie 11/11/2020

J’aime apporter de l’aide aux populations dans le besoin et souhaite qu’elles vivent en dignité sans avoir de souci.
J’aimerais que les gens sachent que le monde est simple à vivre…avoir la paix et l’entente.

Madame Haram Bah (originaire du Mali)

Pour le monde j’aimerais l’Amour, L’Union, la Gentillesse, le Respect.
J’aime jouir de la vie, j’aime le sport , j’aime les gens; le travail aussi.
C’est en Dieu que je puise ma force, en mes amis, en ma famille, en la nature.

Simon-Pierre (22 ans, originaire du Gabon)

La tribu du feu bleu : 2019

Réponses aux questions sur l'idéal

Je manifeste contre la violence depuis mes dix huit ans.

J’aimerais la paix pour le monde, c’est très important pour moi, la paix : plus de guerre, plus de violence, plus de famine…Interdiction de violence…plus rien.

J’aimerais me réveiller un matin et qu’il n’y ait plus rien :

que le bonheur, la joie, l’espérance… tout quoi !

Nadège, 52ans (14)

 

J’aimerais moins d’embrouille entre les gens, plus de convivialité.

Ce que j’aime c’est la famille, le regroupement familial, les amis, les oncles et tantes…La Famille au sens large, c’est le plus important.

Wendy, 39 ans (14)

 

Ce que je veux pour le monde ?

Une compréhension de plus en plus importante qu’en chaque être humain, unique, il y a aussi tous les autres.

Plus d’amour,

Plus de respect à la différence,

C’est pour cela que j’aime l’art, ce ne sont que des démarches singulières mais chacun peut s’y retrouver.

Quand je cherche au fond de moi et que je réalise l’expression de ce que j’ai trouvé, je peux constater que d’autres me reçoivent.

Sophie, 55ans (14)

 

J’aimerais l’amour entre les gens.

J’aime découvrir, apprendre, explorer.

Je vis au rythme de la musique.

François, 33ans, (14)

 

J’aime la vie, les autres, le partage.

J’aimerais la paix et les rencontres pour le monde.

Je m’occupe beaucoup des demandeurs d’asile…et de mes petits enfants…j’essaye de leur donner une vision positive de l’avenir.

Colette, 65 ans (14)

 

Je souhaite la paix et la justice pour le monde.

Je suis d’origine palestinienne et la relation familiale, amicale et de voisinage est très forte.

ça me manque ! J’aime le partage, casser la routine, c’est pour çà que je viens à la Centrifugeuz.

J’espère un jour la libération de la Palestine ; je suis un des membres fondateur de France Palestine Solidarité.

Je suis aussi conseillère de quartier dans le groupe d’échange interculturel.

Nadia, 59ans (14)

 

J’aime mes enfants et mes petits enfants.

Ce que j’aimerais, c’est une maison ou un appartement pour les recevoir tous.

J’aimerais que tout le monde se réconcilie dans ma famille et dans le monde.

Ce que j’aime ici à la Centrifugeuz, c’est l’entente.

Tout le monde se parle, personne n’est plus haut que l’autre.

Evelyne, 47ans, (14) Octobre

 

Je veux la paix.

J’aime lutter contre l’injustice.

Je ne veux plus qu’on bouzille la Nature ; je veux que les animaux puissent vivre tranquilles dans leur élément naturel…

et qu’on arrête de tout baser sur l’argent.

Aurélie 48ans, (14) Octobre

 

La simplicité me va très bien.

J’aime bien rencontrer les gens.

J’aime beaucoup ma ville et j’aime beaucoup les chiens.

J’aimerais d’avantage de solidarité pour le monde.

Dorian, 25 ans (14)

 

Je voudrais la paix et l’égalité pour le monde.

Je sais bien qu’on ne peut pas tous être égaux mais pour l’eau, la nourriture, la vie en général, il le faut…et que les gens puissent vivre selon leur modèle de vie, leur religion.

Je suis juif et je ne pense pas qu’on puisse bâtir un château avec des murs comme le fait l’état d’Israël : on ne peut pas vivre comme ça.

Je suis entré ici à la Centrifugeuz en promenant mon chien… c’était ouvert… j’ai donné à boire aux poules qui avaient très soif. Je continue d’être bénévole, c’est mon plaisir.

Je fais aussi du reiki, pour le plaisir.

Toujours le plaisir.

Tout me va, rien ne me gêne, j’accepte tout, et tout va bien!

Raymond, 76 ans (14) Octobre

 

Ce que j’aime : ne serait-ce qu’un coup de fil… et une réunion comme ici à la Centrifugeuz* où une ravissante petite fille m’accueille en me disant Mamie… Cela me fait chaud au cœur.

Ce que j’aimerais pour le monde ? La paix !!! Il y a fort à faire ; et que les gens s’entendent et se parlent, qu’on sorte de ce monde déshumanisé !

Quand je prend le bus, cela m’arrive de rencontrer les étudiants, de parler avec eux de musique, ou autre selon leur ouverture d’esprit. A la fin ils me disent « au revoir et merci de nous avoir parlé ».

Marie, 87 ans, Calvados

 

J’aime écrire et bricoler dans la peinture ; j’aime le théâtre ; j’ai besoin de tout cela pour continuer. La rencontre avec les gens et l’échange d’idées sont importants pour moi. J’ai besoin de justice.

J’aimerais un monde plus juste : que celui qui travaille gagne sa vie, convenablement… Ne pas laisser les pauvres dans les fossés, ça me bouffe!

Je suis toujours en colère… c’est peut-être ce qui m’anime!

Martine, 65 ans , Caen (14)

Je puise ma force dans la spiritualité du bouddhisme et de l’énergie solaire : que les chakras soient bien alignés de la tête aux pieds par la récitation du mantra qui nous ressource pour la bonne action qui va dans les deux sens.

J’aime les enfants, sentir leurs joies, leurs peines, savoir les pansementer par la prière… toujours trouver une meilleure parole, installer un climat d’écoute mutuelle.

Mon but, c’est la paix mondiale = KOSENRUFU (en japonais)

Marie-Claire, 53 ans, Caen (14)

 

J’ai toujours eu la niaque. Il a fallu que je me bagarre pour tout : pour aller plus loin, pour m’intéresser et comprendre ce qui se passe.

Le mot qui me vient c’est la revanche, la lutte contre l’injustice. Je suis anarcho-syndicaliste depuis le début (1968), d’une famille de paysans. Au lycée (vers le milieu des années 1960), j’étais déjà engagée dans le foyer socio-éducatif. Il faut que je fasse des trucs pour les autres ; je suis féministe.

JUSTICE, SOLIDARITE, AUTOGESTION pour le monde…pour un monde plus naturel, sans abus de consommation, sans pollution…

Tout ce que je fais/j’ai fait, c’est pour les générations futures. Ma petite fille…elle a 6 ans , et je le vois bien, elle a déjà la niaque.

Madeleine, 73 ans, Caen (14)

 

Je souhaite la vérité pour le monde, et je pense qu’un jour ça se fera. Le mensonge finira par disparaître.

J’aime que les gens soient heureux, ça me donne de la force.

Daniel, 20 ans Caen (14)

 

 

Qu’est-ce qui t’anime ?
La joie des autres, surtout si j’ai ma part dans la réalisation.

Te fait vivre ?

Pouvoir me déplacer en toute autonomie et rester attentif à tout ce qui peut être lu ou vu du point de vue culturel et politique.

Dans quoi puises-tu ta force ?

Une vie physique et intellectuelle bien réglée depuis la gym matinale jusqu’au coucher tôt.

Quel est ton idéal ?

L’Amitié dans tous les domaines.

Michel, 85 ans (Orne, 61)  Janvier

La tribu du feu bleu : 2018

Réponses aux questions sur l'idéal

« Ce qui me donne de l’espoir, c’est de voir la réussite de mes enfants. De voir comment ils résolvent leurs problèmes et surmontent les difficultés.
Qu’ils élèvent leurs enfants aussi bien que j’ai tenté de le faire – de les élever pour qu’ils soient des personnes meilleures.
Et regarder chacun d’eux se faire son propre chemin et aller de l’avant. »

Mahboubeh (63 ans, Téhéran, IRAN), octobre

« Ce qui m’a redonné de la force, ce fut la proposition qui m’a été faite d’enseigner le français aux jeunes français, leur langue maternelle qui n’était pas la mienne. Je me suis sentie reconnue. »

Yatsa, 62ans, Octobre , yougoslave (langue maternelle serbo-croate) réfugiée en France depuis 20 ans

« Ce qui me fait vivre, c’est le travail, beaucoup de travail d’écriture et quelques projets
d’édition de mes poèmes et deux livres scientifiques »

Jelina, 68ans, Octobre, réfugiée dans son propre pays la Bosnie (professeur de littérature comparée)

 » Ce qui me donne de la force, ce sont les personnes handicapées pour qui je travaille, sans qui je n’aurais pas de travail.
Autant je suis speed, nerveuse, autant je deviens calme et d’une patience qui me surprend ».

Rabia, 30ans, Octobre, de famille marocaine en France

 

Ce qui m’anime, c’est ma soif de justice.
Je serai en vie tant que j’aurais des combats à mener.
Ce qui m’anime, ce sont les autres.

C. 16 ans, Mars (14) 

Ce qui m’anime est l’envie de faire plaisir aux autres.
Ce qui me fait vivre est la volonté de réussir.
Je puise ma force dans ma famille et mes amis.
Mon idéal est la paix, le bonheur.

Simon, 19 ans,  Mars (14)

Ce qui m’anime est la perspective des moments de bonheur que je peux connaître.
Ce qui me fait vivre est l’imparfaite perfection de mon corps humain et mon coeur qui envoie le sang vers mes organes vitaux.
Je puise ma force dans l’envie d’apprendre toujours plus et de réussir ce que j’entreprends.
Mon idéal est un gouvernement de gauche.

Eloi, 20 ans, Mars (14)

 

La Tribu du feu Bleu : 2017

Réponses aux questions sur l'idéal

Je dépose donc ici la petite réponse qui me trotte dans la tête depuis l’expo à la chapelle StRoch aujourd’hui 11 novembre 17, pluvieux froid, tristounet après-midi…  encore un an à tirer dans la boue les gars, il y a cent ans, déluge de feu… Chère Elizabeth ton projet, ta passion déployée me fait penser aux paroles du Christ que je préfère : « Le feu ! Je suis venu le jeter sur la terre ; et combien je voudrais qu’il soit déjà allumé !» (Luc 12,49 version Chouraqui, la meilleure). Le feu qui a déserté (en apparence) nos églises et qui prend partout : feux de forêt, d’immeubles, nucléaire s’il le faut… Voilà ce qui me fait vivre, enfin, dans mes rêves. 

Aline, 11/11/2017

Ce qui m’anime : la pleine conscience d’être baignée d’ un courant de vie qui me traverse aussi.
Ce qui me fait vivre : Amour et Espoir.
C’est la Nature qui rééquilibre mon énergie : je soigne la terre, la terre me soigne.
Un idéal : La bienveillance éveillée pour tous…

Chris. Septembre

Le hasard du calendrier m’amène à poser les premières lignes de ce récit un jour de Pâques en écoutant cette merveilleuse passion selon saint Mathieu. Moi qui suis un piètre croyant ! Les belles histoires de renaissance me réjouissent. Elles parlent de vie plutôt que de mort. Au moment où les cloches sonnent à toute volée sous ce beau soleil d’un midi pastoral, il est une autre petite cloche qui résonne seule dans la campagne normande. Il s’agit d’une chapelle dédiée à saint Roch. Un saint qui en Normandie est célébré parce qu’on s’y raccrochait lors des terribles épidémies de peste. Cette chapelle saint Roch d’Argentan, je m’en occupe depuis plus de quarante ans. Elle est désormais désaffectée au culte mais la mémoire ancestrale du lieu et des habitants n’oubliera jamais les milliers de morts qui y reposent. Elle était le charnier de la ville. Elle est au prix de nos efforts devenue un lieu charmant qui réjouit le plus grand nombre. Son accès est libre. Le jardin conçu en petits enclos invite le promeneur à se sentir bien. Groupes et particuliers y viennent pour les expos, les concerts, des conférences ou des fêtes dont chacun garde le meilleur souvenir. C’est en ce lieu de bien-être dans un de ces enclos que je veux depuis quelques années lancer un projet qui donnera un sens à nos vies. Je veux y mettre des sépultures qui ne célébreront sûrement pas la mort…
…un jardin d’ADN. Je disais un « cimetière de vie ». On me reprit un jour en me disant « non, un jardin de vie! ». Je veux bien. Il s’agit de créer des sépultures de notre vivant. Un « bâton de vie » fiché en terre. On le choisit de bonne longueur. Il fera sensiblement notre taille. On y inscrit notre nom et notre date de naissance. On peut le décorer. On y écrit si on souhaite une épitaphe ou son équivalent puisque nous sommes en vie. Il faudra inventer un autre mot pour cela mais surtout on le perce pour inclure dans ce bois notre ADN. De la manière qui nous sied. Sérieuse ou coquine ! User d’un bel endroit pour y mettre sa sépulture… voire s’offrir des résidences secondaires. On peut imaginer un travailleur immigré qui choisit sa sépulture de vie ici et une autre dans son pays. Une idée c’est comme un petit enfant en devenir, chacun se penche sur son berceau en espérant le bon et le bien. Il appartient à tous d’y apporter le meilleur. Ces bâtons de vie je les vois fleurir à saint Roch avec des gens heureux de s’y regrouper mais aussi sur des petits terrains prévus à cet effet, au bord de la mer, au fil des vallées des montagnes, dans de belles propriétés ou le gazon d’un modeste jardinier ; tous heureux de marquer leur passage sur cette terre. Les froides maisons de marbre des cimetières n’ont rien à voir dans ce projet. Elles ont pour but de célébrer la mort, là n’est pas notre propos. Après la « sépulture de vie » chacun fera ce qu’il veut de sa dépouille mortelle. Cette idée est une sorte d’oeuvre d’art collective et non un cimetière, lui-même soumis à la loi et aux règlements.
La voici donc cette idée qui me fait vivre en ce moment. Je suis en quête de jolis bâtons. Je les planterai prochainement et je les proposerai à tous ces amis déjà séduits qui veulent que nous nous rejoignions au jardin de saint Roch.

Jean-François 55ans, (14,France) Mai

La création me porte depuis de nombreuses années,
la place de l’imaginaire et du poétique au cœur de la cité me préoccupe,

le théâtre mon vecteur de prédilection,

tout ceci est nourri par l’humain et la condition qui lui est faite,
et comme disait Federico Garcia Lorca :  » le théâtre, c’est la poésie qui se lève pour se faire humaine ».
Toute création est un acte poétique et politique que l’on pose au milieu de la cité.

José 67 ans ( 14, France ) Avril

 

Qu’est-ce qui te fait vivre ?

En voilà une question surprenante, en tout cas peu fréquente dans nos relations amicales et pour le moins inattendue : c’est tellement évident que je vis – encore !

Alors de quoi s’agit-il ?

En cette occasion, je n’ai pas envie de mener une réflexion philosophique, rationnelle, ou introspective, encore moins de louer quoi que ce soit MAIS j’ai besoin de répondre car je sais que la question va m’encombrer de toute façon et c’est bon signe…

Résumons: je pense que j’apprécie présentement de pouvoir choisir d’être seule et mes moments de silence, donc d’écouter de la musique ( pas tous les genres…), et d’aller à la rencontre de la mer – moments essentiels tout au long de ma vie. Quotidiennement je ne parviens pas à oublier la fragilité de mon existence : il me faut donc provoquer la sensation de beauté, entretenir la perception du grand tout, rechercher le plaisir de l’infini quel qu’il soit ! Par exemple, l’horizon, les nuages comme les étoiles, me manquent quand la saison nous les voile.

En outre, garder la perception de la simplicité d’être là, d’aimer et d’être aimée me suffit -« je crois »-, ce qui ne rassasie pas mes curiosités multiples et multiformes. Je me confronte ainsi au temps qui passe, si vite, trop vite, et entrer dans une bibliothèque ou une librairie me désarme car je mourrai sans avoir découvert tant de merveilles et tant de voyages. Cependant, depuis que l’envie de créer mes propres images s’est clairement installée en moi, je savoure la tension de les rechercher car les étapes, les tâtonnements et les résultats divers m’évitent au mieux les effets de la dispersion.

En conclusion, c’est la conscience de vivre dans un espace et un moment de PAIX qui me rassure et d’imaginer les perdre me met aux aguets auprès des autres. Est-ce ainsi que j’ai fait face aux combats divers que je n’ai pu éviter ou que j’ai partagés? sans doute !! et encore… mais ce n’est pas la question, et alors cette question n’est-ce pas préalablement celle de l’oxygène* que, malgré tout, nous respirons tous et toutes?

* P.S. : certes, cette référence physico-chimique renvoie à la source commune, autre sujet tangent, et donc à l’eau – en n’oubliant jamais que l’eau que nous buvons actuellement a exactement les mêmes caractéristiques que celle que buvaient les dinosaures! bon, ce sera peut-être pour une autre fois… !!!

Myriam, 70 ans ( 14, France ) Mars